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8 mai 2009 5 08 /05 /mai /2009 21:09



 

DÉLUGE ET CATASTROPHISME BIBLIQUE


Extrait du livre LA TERRE BOMBARDEE

de Michel-Alain Combes

Son site






La Bible, le livre incontournable


Avec l'émergence du christianisme, à partir du premier siècle de notre ère, la Bible s'imposa très progressivement comme un livre majeur dans les pays christianisés, et les écrits qu'elle contient le dogme. Au Moyen Age, la Bible était devenue LE Livre, supplantant tous les autres, notamment les grands textes des Anciens, ravalés souvent au rang de balivernes quand la Nature y primait le Créateur. Toutes les doctrines et idées mûries au cours des siècles, tous les mythes et légendes transmis scrupuleusement depuis toujours n'étaient que fadaises à oublier. Seuls les textes sacrés qui avaient eu la chance de recevoir "l'imprimatur" (les apocryphes aussi étaient mis à l'écart) avaient force de loi. Cela explique un peu pourquoi la marge de manœuvre des rares érudits du Moyen Age était si étroite. A certaines époques, il n'était pas facile de jouer les francs-tireurs sans hypothéquer sa propre sécurité. Inutile de dire que tout cela n'est pas bon pour l'évolution des idées.


Cette triste réalité rappelée, il n'en demeure pas moins que la Bible est un recueil de textes dont certains sont très intéressants pour le sujet qui occupe principalement dans ce livre : l'impactisme et le catastrophisme d'origine cosmique. La Bible n'est pas avare de catastrophes voulues par Dieu pour punir les humains récalcitrants et pêcheurs invétérés. Nous allons parler ici principalement des textes et des idées, réservant pour les chapitres 18 et 19 l'interprétation scientifique que l'on se fait aujourd'hui de ces catastrophes diverses à la lumière des connaissances modernes. Il faut savoir, en effet, que le XXe siècle a permis de faire sur plusieurs points importants le tri entre réalité et légende, et même parfois d'obtenir des résultats incontestables et incroyables sur certains sujets que l'on pensait être des énigmes à jamais indéchiffrables. La possibilité de datations précises, notamment, a été un progrès extraordinaire qui a permis de préciser le calendrier d'événements distincts totalement imbriqués (à tort) les uns dans les autres, car "écrasés" par le temps.


Le Déluge biblique, le premier grand fléau


Quelle définition peut-on donner du Déluge biblique ? Dans son monumental Dictionnaire de la Bible, André-Marie Gerard (1918-1989), donne parmi beaucoup d'autres les renseignements suivants (1) :

" Cataclysme où, selon le texte biblique et les plus anciennes traditions d'Orient, périrent sous les eaux l'ensemble des vivants répandus sur la terre ; seuls échappèrent par la faveur divine à cette destruction un homme et sa famille, géniteurs d'une humanité nouvelle, et les spécimens des autres espèces qu'ils avaient sauvés avec eux afin d'assurer le renouvellement de toute la vie terrestre au terme de l'inondation...


Dans la forme que nous lui connaissons, le récit apparaît comme la combinaison de deux documents rédigés au Xe ou IXe siècle et au VIe siècle av. J.-C., à partir de la tradition orale et écrite d'Israël...


Il n'est pas impossible que la monstrueuse inondation dont les archéologues ont par exemple relevé les traces dans la région d'Our ait été "le Déluge" dont fait état la tradition des peuples de Mésopotamie : une couche alluvionnaire de trois mètres d'épaisseur environ, vide de tout vestige de l'industrie humaine, sépare des couches riches en débris révélateurs de deux civilisations de niveaux très différents ; sa formation daterait du début du quatrième millénaire. "

A noter surtout le fait que la rédaction du texte biblique concernant le Déluge date du Ier millénaire avant J.-C. Autant dire qu'on ne sait rien de concret sur ce qui s'est vraiment passé.


Si l'on se réfère au Livre de la Genèse, placé en tête des cinq livres du Pentaleuque et donc le premier de la Bible elle-même (2), le Déluge est présenté de la manière suivante, étant bien entendu qu'il s'agit d'une "punition" infligée par Dieu aux humains :

" L'an six cent de la vie de Noé, le deuxième mois, le dix-septième jour du mois, en ce jour-là, se fendirent toutes les fontaines du grand Abîme et s'ouvrirent les écluses des cieux. Il y eut averse sur la terre quarante jours et quarante nuits...

Les eaux grandirent et s'accrurent beaucoup, beaucoup, au-dessus de la terre et toutes les hautes montagnes qui existent sous tous les cieux furent recouvertes. Les eaux avaient grandi de quinze coudées de haut et les montagnes avaient été recouvertes. Alors expira toute chair qui remue sur la terre : oiseaux, bestiaux, animaux, toute la pullulation qui pullulait sur la terre, ainsi que tous les hommes. Tout ce qui avait en ses narines une haleine d'esprit de vie, parmi tout ce qui existait sur la terre ferme, tout mourut. Ainsi furent supprimés tous êtres qui se trouvaient à la surface du sol depuis les hommes jusqu'aux bestiaux, jusqu'aux reptiles et jusqu'aux oiseaux des cieux. Ils furent supprimés de la terre, il ne resta que Noé et ceux qui étaient avec lui dans l'arche. Et les eaux grandirent au-dessus de la terre durant cent cinquante jours. "

La Genèse date le Déluge en l'an 600 de la vie de Noé, le patriarche biblique acteur de l'événement. La chronologie des divers patriarches bibliques étant connue, tout au moins approximativement, les exégèses de la Bible ont situé en général le cataclysme en l'année 1657 de la création du monde, que l'on apparente à l'année 2349 avant notre ère. Le Déluge biblique serait donc un événement ayant eu lieu durant le IIIe millénaire, à une période où plusieurs civilisations avancées étaient déjà en place et furent, sinon les témoins directs, tout au moins indirects par les témoignages qu'ils eurent à connaître de leurs voisins.


L'origine de la catastrophe reste bien sûr imprécise, plusieurs possibilités acceptables étant en concurrence pour l'expliquer. Parmi les hypothèses possibles, on pense notamment à une inondation géante résultant d'un séisme important dans le golfe Persique qui aurait entraîné une transformation des fonds marins (peu profonds), et à l'impact d'un astéroïde ou d'une comète dans le Pacifique. Nous étudierons ces hypothèses aux chapitres 18 et 19.


Sodome et Gomorrhe, la vengeance de Dieu


La Bible raconte que, à l'époque d'Abraham (XIXe siècle avant J.-C.), quatre villes proches de la mer Morte : Sodome, Gomorrhe, Adma et Seboïm furent détruites par "le feu et le soufre venant du ciel", une cinquième, Soar, étant épargnée par Dieu. La raison invoquée de cette destruction est l'impiété de leurs habitants et la perversité de leurs mœurs.

Dans l'article " Sodome " de son Dictionnaire de la Bible, A.-M. Gerard explique :

" Malgré l'intercession d'Abraham à qui Dieu avait révélé son dessein, deux anges se rendirent à Sodome pour détruire la ville. Seuls Lot et les siens furent épargnés : "Yahvé fit pleuvoir sur Sodome et sur Gomorrhe du soufre et du feu venant du ciel ". Les géologues et les archéologues ont épilogué sur ce déluge "de soufre et de feu" : on a même parlé de bombe atomique. Il semble qu'une nuée ardente ou un phénomène volcanique analogue à celui qui a anéanti Pompéi ait pu se produire vers l'an 2000 avant J.-C., dans la fosse géologique qui représente la mer Morte et qui date de l'ère tertiaire. Selon certains, les villes maudites auraient été situées au nord de la mer Morte, où une exploration menée en 1930 par l'Institut pontifical biblique a relevé une grande masse de cendres ; plus nombreux sont les spécialistes qui les situent au sud, là où un fond récent n'est immergé que d'une douzaine de mètres, et où s'élève aujourd'hui le djebel Usdum, dont le nom semble avoir conservé le souvenir de Sodome et dont la contexture, du sel gemme, évoque la transformation de la femme de Lot, lors de la fuite de Lot et des siens devant l'imminence du fléau, en châtiment de sa curiosité. "

Ce deuxième grand cataclysme raconté dans la Bible date de l'époque d'Abraham et est donc beaucoup plus récent que le Déluge. Nous verrons au chapitre 18 qu'il fut probablement dû à un événement sismique. Cependant certains astronomes pensent qu'il pourrait s'agir de la chute d'un noyau cométaire sur la Terre.


Les dix plaies d'Égypte


Ces Plaies d'Égypte sont contemporaines de Moïse et de la sortie d'Égypte. Elles datent donc de la fin du XIIIe siècle avant J.-C. On croit aujourd'hui qu'elles sont liées à un très important cataclysme d'origine cosmique que nous expliquons en détail au chapitre 19 : l'impact sur la Terre de la comète/astéroïde Sekhmet. C'est la fameuse comète dont parle Pline et qui a donné lieu à certaines légendes dont nous avons parlé au chapitre 1. Nous sommes en mesure de dater avec une bonne précision ce drame cosmique dont les répercussions ont été immenses, mais totalement ignorées, étonnamment, par les historiens qui n'aiment pas que des scientifiques viennent "empiéter leurs plates-bandes". Ces historiens, comme d'autres intellectuels, sont victimes du fameux verrou psychologique que nous rencontrerons à plusieurs reprises tout au long de ce livre. La collision a eu lieu dans la dernière décennie du XIIIe siècle. Les raisons astronomiques du drame ne pouvaient être appréhendées avec précision que par des astronomes.


Pour en revenir aux Plaies d'Égypte, que nous détaillons dans le tableau 2-1 et que nous mettons en parallèle avec les fléaux de l'Apocalypse, on sait qu'en fait elles correspondent aux conséquences "normales" d'un impact cométaire, comme nous l'expliquerons au chapitre 19.


La chute de pierres et le "miracle" de l'époque de Josué


On connaît par la Bible la relation d'une importante chute de pierres qui eut lieu au temps de Josué (XIIIe-XIIe siècle av. J.-C.) dans les environs de Gabaon en Judée. Elle figure au verset XI, chapitre X, du livre de Josué :

" ... Il advint, comme ils [les Amorrhéens] fuyaient devant Israël et qu'ils étaient à la descente de Beth-Horon, que Iahvé lança des cieux contre eux de grandes pierres jusqu'à Azéquah et ils en moururent. Ceux qui moururent par les pierres de grêle furent plus nombreux que ceux que les fils d'Israël tuèrent par l'épée. "

A cette chute de pierres, sans doute importante puisqu'elle frappa l'imagination des peuples de l'Asie mineure qui en conservèrent simultanément dans leurs traditions et leurs écrits, est lié le fameux pseudo-miracle, dit "miracle de Josué", du nom du célèbre chef hébreu qui, soi-disant, arrêta la course du Soleil dans le ciel. Les versets XII à XIV, suite du précédent, racontent cet événement extraordinaire :

" C'est alors, au jour où Iahvé livra l'Amorrhéen à la merci des fils d'Israël, que Josué parla à Iahvé et dit, sous les yeux d'Israël : " Soleil, arrête-toi sur Gabaon et, Lune sur la vallée d'Ayalon ". Et le Soleil s'arrêta et la Lune stationna, jusqu'à ce que la nation se fût vengée de ses ennemis. Est-ce que ceci n'est pas écrit dans le Livre du Juste ? : " Le Soleil stationna au milieu des cieux et il ne se hâta point de se coucher, presque un jour entier. Et il n'y eut pas de jour comme celui-là ni avant, ni après lui. "... "

Les commentateurs de la Bible et les savants objectifs se sont souvent demandé quel avait bien pu être le phénomène capable de provoquer cette prolongation du jour. La première réponse relativement satisfaisante fut probablement celle donnée par l'astronome français Jean Bosler (1878-1973) en 1943 (3). Celui-ci a noté que si l'on se reporte au passage biblique en question, il ne semble pas qu'il y est eu un arrêt effectif du Soleil sur la sphère céleste, phénomène qui eut impliqué une interruption de la rotation terrestre (ce qui est absolument impossible dans le cas présent), mais plutôt une simple prolongation du jour nécessaire à l'achèvement de la victoire de Josué. La Bible raconte qu'auparavant, il y eut la fameuse chute de pierres qui fit de nombreuses victimes, mais sans voir une relation d'aucune sorte entre les deux événements.


D'après Bosler, ceux-ci étaient liés génétiquement, et il avait parfaitement raison dans son analyse. En effet, on sait aujourd'hui que ces chutes de pierres s'accompagnent parfois de nuits claires (comme en 1908 avec l'événement de la Toungouska, voir le chapitre 9), c'est-à-dire d'une prolongation inaccoutumée de la durée du jour, due à la diffusion dans la haute atmosphère de poussières solides entraînées par l'essaim ou soulevées par la catastrophe.

On pense de nos jours que le "miracle de Josué" a été causé par la désintégration dans l'atmosphère d'un petit astéroïde d'origine cométaire de quelques dizaines de mètres de diamètre, c'est-à-dire en fait d'un fragment de noyau de comète dégazée. Après sa rupture totale, ce fragment cométaire, qui se composait probablement de glace, de gaz gelés, de matière météoritique et de poussières, a provoqué la diffusion de ces poussières dans l'atmosphère. D'autre part, suite à la fragmentation complète de la matière solide sous forme de pierres plus ou moins grosses, il a été la cause de l'essaim météoritique qui décima les ennemis d'Israël.


Un vrai astéroïde aurait seulement pu causer la chute de pierres célestes, mais pas le "miracle". Inversement, une importante éruption volcanique, phénomène parfois évoqué, aurait pu illuminer l'atmosphère et prolonger la durée du jour d'une manière acceptable, mais pas causer la chute de pierres. L'explosion dans l'atmosphère d'un petit noyau cométaire au-dessus de la Judée est le phénomène le plus adéquat pour expliquer valablement cet intéressant passage biblique. Passage qui a fait couler beaucoup d'encre depuis plus de 3000 ans, notamment du côté des religieux qui, pendant des siècles, ont à toute force voulu croire à l'impossible miracle que constitue l'arrêt réel du Soleil sur sa trajectoire céleste.


L'Apocalypse de Saint Jean


Les apocalypses étaient un genre littéraire très répandu chez les auteurs de l'Antiquité, dont le but principal était de faire allusion à des personnages ou à des événements historiques passés et présents, mais en même temps, évidemment, de présager l'avenir sous un aspect cataclysmique.


L'Apocalypse
de Saint Jean, écrite vers la fin du Ier siècle après J.-C., constitue le dernier livre du Nouveau Testament (4). Sa place dans le livre religieux des Chrétiens lui a permis de traverser les siècles sans encombre, et toutes les générations de théologiens l'ont étudié en détail sans en saisir l'un des sens cachés : la réalité de l'impactisme terrestre dans les millénaires précédant l'époque de Saint Jean (5).


Car toutes ces apocalypses des auteurs anciens se répétaient l'une l'autre au fil des siècles, chaque auteur, sur un canevas de base, brodant selon ses fantasmes et ses convictions religieuses. Saint Jean n'échappe pas à la règle, il explique la fin du monde à venir, voulue par Dieu, avec de nombreuses allusions à des phénomènes d'origine cosmique, inexplicables selon lui sans la permission de l'Être divin. N'ayant pas été lui-même témoin d'une telle catastrophe, il s'inspire de textes plus anciens qui, eux, se référaient à des événements authentiques d'un lointain passé.


Nous essaierons d'étudier certaines de ces catastrophes aux chapitres 18 et 19 de ce livre, à la lumière des connaissances actuelles, mais il est intéressant de rappeler quelques-unes des citations du prophète, telles qu'elles figurent dans son Apocalypse.


ouverture du sixième sceau

" ... il se produisit un grand tremblement de terre : le soleil devint noir comme un sac de crin, la lune devint toute comme du sang, les étoiles du ciel tombèrent sur la terre, comme les figues vertes tombent du figuier secoué par un grand vent ; le ciel se retira comme un livre qu'on roule ; toutes les montagnes et les îles furent changées de place, et les rois de la terre, les grands, les chefs, les riches, les puissants, les esclaves et les hommes libres se cachèrent dans les grottes et les rochers des montagnes..."

(Apocalypse, VI, 12, 13, 14, 15)

 

les sept trompettes, qui sont autant de fléaux

" ... l'ange prit l'encensoir et le remplit du feu de l'autel qu'il jeta sur la terre. Et il y eut des tonnerres, des voix, des éclairs et un tremblement de terre... "

(Apocalypse, VIII, 5)


" ... il y eut de la grêle et du feu mêlés de sang qui tombèrent sur la terre, le tiers de la terre fut brûlé, ainsi que le tiers des arbres et de toute herbe verte... "

(Première trompette, Apocalypse, VIII, 7)


" ... il tomba dans la mer comme une grande montagne embrasée : le tiers de la mer devint du sang, il mourut le tiers des êtres qui étaient dans la mer et le tiers des navires périt... "

(Seconde trompette, Apocalypse, VIII, 8, 9)


" ... il tomba du ciel une grande étoile, ardente comme un flambeau ; elle tomba sur le tiers des fleuves et sur les sources des eaux. Et l'étoile s'appelait Absinthe. Et le tiers des eaux se changea en absinthe et beaucoup d'hommes moururent de ces eaux pour être devenues amères... "

(Troisième trompette, Apocalypse, VIII, 10, 11)


" ... le tiers du soleil fut atteint, ainsi que le tiers de la lune et le tiers des étoiles, en sorte que ces astres furent obscurcis d'un tiers et que le jour perdit un tiers de sa clarté et la nuit de même... "

(Quatrième trompette, Apocalypse, VIII, 12)


" ... une étoile était tombée du ciel sur la terre, il lui fut donné la clef du puits de l'abîme. Elle ouvrit le puits de l'abîme. Il monta du puits une fumée comme d'une grande fournaise et le soleil et l'air furent obscurcis par la fumée du puits. De la fumée, sortirent sur la terre des sauterelles... Il leur fut donné non de tuer les hommes mais de les tourmenter pendant cinq mois... "

(Cinquième trompette, Apocalypse, IX, 1, 2, 3, 5, 11)


" ... le tiers des hommes périt par ces trois fléaux, à savoir le feu, la fumée et le soufre... "

(Sixième trompette, Apocalypse, IX, 18)


" le temple de Dieu s'ouvrit dans le ciel... il y eut des éclairs, des voix, des tonnerres, un tremblement de terre et une forte grêle... "

(Septième trompette, Apocalypse, XI, 19)

 

les sept signes

" ... un signe parut dans le ciel : c'était un grand dragon rouge... il balayait le tiers des étoiles du ciel et les jetait sur la terre... il y eut un combat dans le ciel... malheur à la terre et à la mer, car le diable est descendu chez vous, en grande fureur... "

(Premier signe, Apocalypse, XII, 3, 4, 7, 12)


" ... la bête de la terre opère de grands prodiges, jusqu'à faire descendre le feu du ciel en terre aux yeux des hommes... "

(Troisième signe, Apocalypse, XIII, 13)

 

les sept coupes de la colère de Dieu

" ... un ulcère malin et pernicieux frappa les hommes... "

(Première coupe, Apocalypse, XVI, 2)


" ... la mer devint comme du sang de cadavre et tous les êtres de la mer périrent... "

(Seconde coupe, Apocalypse, XVI, 3)


" ... les fleuves et les sources se changèrent en sang... "

(Troisième coupe, Apocalypse, XVI, 4)


" ... il fut donné au soleil de brûler les hommes par le feu ; et les hommes furent brûlés dans une grande chaleur... "

(Quatrième coupe, Apocalypse, XVI, 8, 9)


" ... le royaume de la bête fut plongé dans les ténèbres et les hommes se mordaient la langue de douleur... "

(Cinquième coupe, Apocalypse, XVI, 10)


" ... le grand fleuve de l'Euphrate dont les eaux séchèrent pour livrer passage aux rois de l'Orient... "

(Sixième coupe, Apocalypse, XVI, 12)


" ... il y eut des éclairs, des voix et des tonnerres, ainsi qu'un grand tremblement de terre, tel qu'il n'y en a jamais eu d'aussi grand depuis qu'il y a des hommes sur terre... les villes des nations s'effondrèrent... toutes les îles s'enfuirent et les montagnes disparurent. Et des grêlons énormes, comme des talents, s'abattirent du ciel sur les hommes... "

(Septième coupe, Apocalypse, XVI, 18, 19, 20, 21)

 

L'Apocalypse de Saint Jean, qui n'est qu'une apocalypse parmi d'autres, nous l'avons dit, est généralement considérée comme un texte dénué de tout fondement sérieux par les commentateurs objectifs. Mais pour un spécialiste de l'impactisme, certains passages sont fort intéressants et utiles, car ils sont caractéristiques d'un des sujets favoris des auteurs anciens.


Contrairement aux auteurs "matérialistes" de l'Antiquité qui voyaient dans la chute d'étoiles sur la Terre un événement purement physique, Saint Jean et les auteurs "déistes" la considéraient, au contraire, comme un moyen de punir les humains choisi par Dieu, seul capable d'après eux de provoquer un tel cataclysme, absolument extraordinaire pour les gens de cette époque.


Les citations de L'Apocalypse que nous avons rappelées ci-dessus semblent correspondre à un agglomérat de catastrophes provenant d'au moins trois événements de nature différente qui se sont produits durant le second millénaire avant J.-C. dans le bassin oriental de la Méditerranée. Nous parlerons de ces trois cataclysmes aux chapitres 18 et 19.


Whiston et les comètes instruments de Dieu


Comme nous l'avons dit au début de ce chapitre, la Bible s'est rapidement imposée comme LE Livre dans le monde christianisé, s'avérant totalement incontournable et extraordinairement dogmatique. Il s'ensuivit une autocensure quasiment obligatoire pour les savants qui auraient eu des velléités de critique, voire des propositions raisonnables pour expliquer certains phénomènes observables plus adéquates que celles fournies par le livre sacré. On comprend mieux alors qu'il fallut attendre certaines dissidences locales au niveau de la religion pour que quelques savants puissent faire connaître leur "autonomie intellectuelle" et proposer des solutions nouvelles.


Le fait que la "dissidence" (toute partielle) vienne d'Angleterre ne doit donc pas étonner, puisque ce pays avait déjà pris ses distances vis-à-vis de la hiérarchie de Rome. Dissidence partielle, disons-nous, simplement parce que certains esprits tout à fait révolutionnaires pour l'époque essayèrent de moderniser la Bible sans la repousser totalement, proposition totalement incongrue mais rendue nécessaire par le fossé qui déjà se creusait d'une façon criante entre la "vérité dogmatique" et la réalité des observations, comme nous le montrerons au chapitre suivant.


William Whiston (1667-1747) était un ecclésiastique (il débuta comme simple curé), théologien et mathématicien anglais, contemporain et ami de Edmond Halley (1656-1742) et de Isaac Newton (1642-1727), à qui il succéda à la chaire de mathématiques de Cambridge. Il n'avait que 29 ans en 1696 quand il publia un livre très remarquable intitulé : A new theory of the Earth (Une nouvelle théorie de la Terre) (6), qui eut un grand retentissement à l'époque et durant le XVIIIe siècle par son approche tout à fait nouvelle et surtout quasiment impensable venant d'un homme d'église. On peut le considérer comme le premier ouvrage théologico-cosmogonique.


Dès qu'il fut évident, à la suite des travaux historiques de Newton sur la gravitation, que les comètes étaient des membres permanents du Système solaire, au même titre que les planètes, Whiston fut persuadé que Dieu avait utilisé ces composantes du Système solaire comme instruments pour ses divers desseins. L'une de ces comètes avait dû être utilisée pour la création du monde et plus tard une autre pour le Déluge. Enfin, Whiston pensait que Dieu en utilisera une troisième dans l'avenir pour détruire le monde, quand il jugera que l'heure de l'Apocalypse a sonné. Il était d'autre part persuadé que les comètes sont des planètes en train de se former et qu'ainsi toutes les planètes connues sont des anciennes comètes.


Dans son livre, Whiston expliquait ainsi l'origine de la Terre créée par Dieu :

" ... La comète venait de passer en son périhélie fort près du soleil : son noyau avait contracté une chaleur brûlante, c'est la cause de la chaleur centrale, qui subsiste encore aujourd'hui. Il plut au Souverain Maître de l'univers de faire de cette comète une terre habitable ; il diminua la force centrifuge ou tangentielle de la comète, son orbite s'inclina vers le soleil, d'extrêmement excentrique qu'elle était primitivement, elle devenait médiocrement excentrique ; la comète devint planète ; sa révolution autour du soleil fut limitée à un an... L'atmosphère terrestre, ayant dix à onze fois plus de diamètre que le noyau, était composée de deux sortes de parties ; l'une contenait un petit nombre de particules sèches, solides et terreuses, avec une quantité plus petite encore de particules aqueuses et aériennes ; l'autre était un fluide dense et pesant : tout cela était confusément mêlé et formait un vrai chaos. Mais aussitôt que la terre fut devenue planète, toutes ses parties s'affaissèrent proportionnellement à leur gravité spécifique ; ce fluide dense et épais descendit en premier et environna le noyau. L'air, l'eau, les parties terreuses, encore mêlées ensemble, interceptèrent pour quelque temps les rayons solaires ; mais enfin la plus grande partie de la terre et de l'eau s'étant affaissée, comme une croûte sur le fluide dense, l'air devenu moins hétérogène permit le passage aux rayons solaires ; la lumière parut d'abord, telle que nous la voyons lorsque le ciel est couvert de nuages et enfin l'air continuant à s'épurer, le soleil se montra... "

Halley qui étudiait à la même époque, et à la lumière de la nouvelle théorie de la gravitation de Newton, les mouvements de toutes les comètes du passé, constata peu après avec surprise que quatre grandes comètes, celles de 1680, 1106, 531 et 43 avant J.-C. étaient espacées entre elles d'environ 575 ans. Halley crut pouvoir conclure qu'il s'agissait du même astre. Whiston remarqua alors que si l'on multiplie par 4 cette période de 575 ans, on obtient 2300 ans et que compte tenu que la première apparition connue datait de 43 avant J.-C., cette comète avait dû faire une approche à la Terre en 2343 avant notre ère, soit à six ans près la date présumée du Déluge biblique. Ces six années d'écart ne posaient pas vraiment de problème, car elles pouvaient être dues à une période un tout petit peu plus forte (575 ans et demi) ou à des perturbations planétaires. N'oublions pas que Whiston était aussi un mathématicien éminent. On sait depuis longtemps que ces quatre comètes sont en fait des objets distincts et que la pseudo-période de 575 ans n'était qu'une simple coïncidence, mais à l'époque, ni Halley, ni Whiston, ni même Newton qui étaient tous les trois des calculateurs émérites ne doutaient de sa réalité.


Camille Flammarion (1842-1925), dans son Astronomie populaire de 1880 raconte fort bien la suite de cette histoire incroyable. Relisons-le (7) :

" ... Whiston se proposait d'expliquer par l'action d'une comète les révolutions géologiques et les événements du récit de la Genèse. Sa théorie était d'abord entièrement hypothétique, ne s'appliquant à aucune comète particulière, mais quand Halley eut assigné à la fameuse comète de 1680 une orbite elliptique parcourue en 575 ans, et que Whiston, remontant dans l'histoire, eut trouvé pour dates de ses apparitions anciennes l'une des époques fixées par les chronologistes pour celle du déluge mosaïque, le théologien astronome n'hésita plus ; il précisa sa théorie et donna à la comète de 1680, non seulement le rôle d'exterminatrice du genre humain par l'eau, mais encore celui d'incendiaire pour l'avenir.


" Lorsque l'homme eut péché, dit-il, une petite comète passa très près de la Terre, et, coupant obliquement le plan de son orbite, lui imprima un mouvement de rotation. Dieu avait prévu que l'homme pécherait, et que ses crimes, parvenus à leur comble, demanderaient une punition terrible ; en conséquence, il avait préparé dès l'instant de la création une comète qui devait être l'instrument de ses vengeances. Cette comète est celle de 1680 ".

Comment se fit la catastrophe ? Le voici :


Soit le vendredi 28 novembre de l'an de péché 2349, soit le 2 décembre 2926, la comète coupa le plan de l'écliptique de la Terre en un point dont notre globe n'était éloigné que de 3614 lieues. La conjonction arriva lorsqu'on comptait midi sous le méridien de Pékin, où Noé, paraît-il, demeurait avant le déluge. Maintenant, quel fut l'effet de cette rencontre ? Une marée prodigieuse s'exerça non seulement sur les eaux des mers, mais aussi sur celles qui se trouvaient au-dessous de la croûte solide. Les chaînes des montagnes d'Arménie, les monts Gordiens, qui se trouvaient les plus voisins de la comète au moment de la conjonction, furent ébranlés et s'entrouvrirent. Et ainsi " furent rompues les sources du grand abîme ". Là ne s'arrêta pas le désastre. L'atmosphère et la queue de la comète atteignant la Terre et sa propre atmosphère, y précipitèrent des torrents, qui tombèrent pendant quarante jours ; et ainsi " furent ouvertes toutes les cataractes du ciel ". La profondeur des eaux du déluge fut, selon Whiston, de près de dix mille mètres...


Maintenant, comment cette comète, qui a noyé une première fois le genre humain, pourra-t-elle nous incendier à une seconde rencontre ? Whiston n'est point embarrassé : elle arrivera derrière nous, retardera le mouvement de notre globe, changera son orbite presque circulaire en une ellipse très excentrique. " La Terre sera emportée près du Soleil ; elle y éprouvera une chaleur d'une extrême intensité ; elle entrera en combustion. Enfin, après que les saints auront régné pendant mille ans sur la Terre régénérée par le feu, et rendue de nouveau habitable par la volonté divine, une dernière comète viendra heurter la Terre, l'orbite terrestre s'allongera excessivement, et la Terre, redevenue comète, cessera d'être habitable. "


On ne peut plus dire après cela que les comètes ne servent à rien ! "

On peut se moquer aujourd'hui de Whiston, qui a certes un peu extrapolé avec ses fameuses comètes de la création du monde, du Déluge et de l'Apocalypse. Nous le considérons cependant, pour ce qui nous concerne, comme un rouage important de l'histoire des idées catastrophistes. Il ne faut pas oublier qu'à l'époque de Newton, Halley et Whiston, la Bible était encore un livre absolument intouchable. Et elle allait le rester encore quasiment pendant deux siècles.


Mais, comme nous l'avons déjà dit plus haut, certains savants clairvoyants, et surtout ceux qui étaient en même temps théologiens, comme Whiston et aussi Newton, ne l'oublions pas (8), avaient bien compris qu'il était devenu nécessaire de lui donner un petit côté scientifique capable de sauver des apparences, difficilement acceptables parfois, et ainsi de sauvegarder sa crédibilité. Les créationnistes scientifiques ne font pas autre chose aujourd'hui, en s'appuyant sur les dernières découvertes de l'astrophysique pour faire perdurer, en le mettant au goût du jour, le dogme de la Création.


Whiston, qui était en avance sur son temps, quoi qu'on dise, et qui désirait surtout "moderniser" la Bible en la rendant compatible avec des événements scientifiquement reconnus, allait être vilipendé par tous ceux qui ne voulaient même pas penser que cette Bible pût être en erreur ou trop imprécise sur certains points. On connaît la célèbre réprimande de Buffon (1707-1788) qui en 1749, un demi-siècle plus tard, écrivit dans son Histoire naturelle, à l'adresse principalement de Whiston (9) :

" Toutes les fois qu'on sera assez téméraire pour vouloir expliquer par des raisons physiques les vérités théologiques, qu'on se permettra d'interpréter dans des vues purement humaines le texte divin des livres sacrés, et que l'on voudra raisonner sur les volontés du Très-Haut et sur l'exécution de ses décrets, on tombera nécessairement dans les ténèbres et dans le chaos où est tombé l'auteur de ce système. "

On voit que Buffon, que nous retrouverons au chapitre suivant, n'hésitait pas, chaque fois qu'il le pouvait, en chargeant les autres à bon compte, à montrer sa (pseudo) loyauté envers le clergé, souvent suspicieux à son égard (la Faculté de Théologie de la Sorbonne l'obligea même à se rétracter pour avoir "dépassé les bornes" avec sa Théorie de la terre), pour mieux cacher ses propres contradictions avec le texte biblique, et notamment l'âge de la Terre qui lui posait (à juste titre) de gros problèmes.


La survivance moderne : le créationnisme


Pour bien comprendre le créationnisme sous sa forme primaire (primitive pourrait-on dire), mais que les créationnistes eux-mêmes appellent fondamentaliste, il suffit d'ouvrir l'un des nombreux livres de propagande (et d'endoctrinement) publiés par le "lobby créationniste" et de lire quelques affirmations glanées au fil des pages (10) .

" Il devient de plus en plus évident que l'homme ne parvient pas à éliminer les effets de la dégénérescence consécutive à la rébellion d'Adam.


Tous les faits acquis à la science confirment la Bible, qui parle de la dégénérescence de l'homme. La Bible déclare en effet que l'homme fut créé parfait, mais qu'à cause de sa rébellion contre son Créateur, il a commencé à dégénérer. Son péché marqua le début d'une période de 6000 années de déclin moral et physique. La gravité de cette dégradation peut se mesurer aujourd'hui à l'état dépravé de la société actuelle. Et la situation ne s'améliore pas, tant s'en faut.

Bientôt, Dieu ne permettra plus à Satan d'être le chef invisible du monde. Un cataclysme approche à coup sûr ! L'histoire de l'homme est sur le point de prendre un tournant décisif. "

On voit le niveau de ce genre de littérature ! Sous cette forme, le créationnisme ne cherche pas à évoluer, il s'appuie uniquement sur le texte biblique, vérité intangible. Le Déluge est toujours une certitude. Il est sûr que toute découverte qui dérange est systématiquement écartée et remplacée par le leitmotiv " Tous les faits acquis à la science confirment la Bible " (sic !) (11). Plus que les découvertes astronomiques d'ailleurs, c'est le problème de l'évolution qui désespère les créationnistes, comme nous l'avons rappelé dans l'introduction. Admettre que l'homme descend du singe est un crève-cœur pour eux, une éventualité satanique tout à fait inacceptable (12).


Le lobby créationniste en Amérique fait un forcing incroyable pour tenter de prouver que la théorie de l'évolution est un mythe sans fondement, inventé de toutes pièces par les ennemis de la religion, et exiger devant les tribunaux américains que les établissements scolaires enseignent également la théorie de la Création biblique (13).


Les créationnistes rejoignent par certains côtés les millénaristes (obnubilés, eux, par des problèmes de calendrier qu'ils se créent de toute pièce) et attendent (espèrent ?) un cataclysme prochain, comme celui prévu par Whiston jadis, ou comme celui carrément annoncé (!) pour 1843 par le prophète américain William Miller (1782-1849), créateur de la secte fondamentaliste des Millerites, comme nous le verrons au chapitre suivant.


C'est pour pallier ce côté passéiste, rétrograde même, qui en fin de compte nuit sérieusement à la religion que les créationnistes sont censés préserver et même promouvoir, que certains savants croyants, plus pragmatiques et plus modernes, ont mis au point une parade réellement scientifique : la science de la Création. Ces savants, ne considérant plus la Bible que comme une allégorie et une source d'inspiration, veulent la remettre au goût du jour, la relifter très sérieusement, en intégrant toutes les découvertes scientifiques modernes au fur et à mesure qu'elles sont acceptées par la communauté scientifique. En présentant leur science de la Création comme une Bible moderne, nettement plus acceptable, le libre arbitre de chacun des nombreux chercheurs qui ont fait le choix de croire en Dieu est ainsi sauvegardé par cette nouvelle approche plus crédible, qui est alors du ressort de la métaphysique, à défaut d'être scientifique.


Nous allons examiner l'argumentation de ces rénovateurs dans la dernière section de ce chapitre, une argumentation souvent savamment étayée et qui s'articule principalement selon le schéma biblique des " sept jours de la Création ".


Le dogme renouvelé, ou la science de la Création


Loin des idées fondamentalistes accrochées à un passé définitivement obsolète, la science de la Création se veut moderne, apte à "digérer" toute nouveauté scientifique. Et il faut dire qu'elle y réussit assez bien, moyennant une "gymnastique intellectuelle" pas toujours évidente. Comme nous l'avons dit dans la section précédente, le résultat est choix personnel, métaphysique et non pas scientifique. Car la science de la Création ne prouve rien, elle tente seulement d'expliquer d'une manière acceptable, dans une optique religieuse, des faits scientifiques prouvés ou des théories et hypothèses plausibles ou en gestation. Ce qui n'est pas la même chose.


Où la science de la Création est la mieux placée, permettant aux yeux de certains le retour de Dieu dans la science (14), c'est l'explication difficile de la naissance de l'Univers à partir de rien (15). Le Big Bang, sous sa forme imaginée par Georges Lemaître (1894-1966), qui était mathématicien mais aussi abbé à l'époque de sa théorie sur l'expansion de l'Univers établie en 1927, a été un bain de jouvence extraordinaire pour le dogme de la Création qui avait perdu toute crédibilité scientifique dans sa version biblique traditionnelle écrite il y a 2500 ans.


Par la suite, pratiquement chaque science a été mise à contribution pour régénérer quelque peu le dogme biblique, comme l'a fort bien expliqué le physicien israélien Nathan Aviézer dans son livre Au commencement. Création : la Bible et la science (16). Notamment, les difficiles problèmes d'évolution (incompatibles pour les créationnistes) ont été très habilement contournés par les scientifiques de la Création (à ne pas confondre avec les créationnistes au sens strict). Pour eux, Homo sapiens descend de son prédécesseur direct, l'homme de Néandertal, mais il a bénéficié " de dons apparus de façon soudaine " qui lui ont permis de " faire preuve immédiatement d'une inventivité technologique et culturelle extraordinaire ". Pas de problème de filiation particulier, le singe a été une étape nécessaire voulue et programmée par Dieu pour arriver à l'homme. Le fait que Dieu ait été obligé de donner quelques nécessaires coups de pouce depuis l'origine des êtres vivants pour arriver à l'homme ne semble pas les déranger.


Ces scientifiques de la Création ont la voie totalement libre pour régénérer la religion qui en avait bien besoin. Tous les problèmes de cataclysmes sont assimilés très facilement en liaison avec les théories scientifiques actuelles. Ainsi la vie terrestre est issue d'une vie extérieure inséminée par des molécules biologiques venues de l'espace (là les fondamentalistes doivent hurler !), l'évolution des différentes espèces et leur montée vers la complexité sont liées aux impacts cosmiques qui se sont succédé au cours des dernières centaines de millions d'années sur la Terre (les 6000 ans de l'évêque Ussher font désormais partie du folklore biblique !), enfin le Déluge a été causé par un impact d'astéroïde ou de comète, il y a quelques milliers d'années.


Il n'y a pas grand chose à ajouter sur ce sujet. Du créationnisme étroit, obtus, éculé, passéiste, les croyants peuvent, s'ils le désirent et s'ils se sentent près à franchir le pas, évoluer sans problème vers la science de la Création, moderne, inventive, tournée sans complexe vers l'avenir. C'est très bien ainsi, à chacun son choix, mais rappelons quand même que science tout court et science de la Création sont deux approches totalement différentes. Chacun trouvera dans l'une ou/et dans l'autre ce qu'il cherche.


Notes


1. A.-M. Gerard, Dictionnaire de la Bible (Robert Laffont, coll. Bouquins, avec la collaboration de A. Nordon-Gerard et P. Tollu, 1989). Ce dictionnaire de 1500 pages, qui contient 2300 entrées et plus de 50 000 références, est un monument d'érudition, somme de vingt ans de travail pour André-Marie Gerard. Il contient l'essentiel des connaissances sur le sujet accumulées par des générations de chercheurs, théologiens ou autres. Un livre (presque) aussi incontournable que la Bible elle-même !


2. La Bible. Ancien Testament (Gallimard, 1956). Cette remarquable édition de la Bibliothèque de la Pléiade a été publiée sous la direction de E. Dhorme. Introduction par E. Dhorme ; traductions et notes par E. Dhorme, F. Michaéli et A. Guillaumont.


3. J. Bosler, Sur une averse de météorites mentionnée dans la Bible, Comptes rendus de l'Académie des Sciences, 216, p. 597, 1943.


4. Le Nouveau Testament (Éditions de l'École, 1957 ; traduction sur le texte grec et annotations par le Père Buzy).


5. Césaire d'Arles, L'Apocalypse (Desclée de Brouwer, 1989 ; traduction par J. Courreau). Ce livre est publié dans la collection " les Pères dans la foi ", c'est dire qu'il présente l'Apocalypse en temps que livre religieux. Césaire d'Arles a vécu autour de l'an 500 de notre ère. On voit avec cet auteur que la notion d'apocalypse, nom commun, relative à la prédiction d'événements de nature physique, telle qu'elle était admise au temps des Grecs, a totalement évolué et changé de nature pour devenir l'Apocalypse, nom propre, événement religieux annoncé, événement unique. Après Saint Jean, l'Apocalypse est devenu un livre symbolique et dogmatique étudié par tous les théologiens.


6. W. Whiston, A new theory of the Earth (1696). Dans La foire aux dinosaures (Seuil, 1993 ; titre original : Bully for brontosaurus, 1991), Stephen Jay Gould, consacre un essai (le n° 25) à Whiston, intitulé Le parrain de la catastrophe, dans lequel il entreprend de le réhabiliter.


7. C. Flammarion, Astronomie populaire (1880). Cette édition a été publiée en deux tomes. Le livre cinquième (tome 2) est consacré aux comètes et aux étoiles filantes (pp. 193-272). Le passage cité figure pp. 202-203. Dans l’édition refondue de 1955, Fernand Baldet a conservé le texte de Flammarion (pp. 336-337). Ainsi Whiston et sa comète traversent les siècles. Et c’est tant mieux.


8. I. Newton, Ecrits sur la religion (Gallimard, 1996 ; traduction, présentation et notes de J.-F. Baillon). Ce livre présente l'un des aspects les plus mal connus de l'œuvre de Newton : ses écrits religieux. Parallèlement à son activité scientifique, connue et disséquée depuis longtemps, Newton tout au long de sa vie a développé une réflexion théologique. Ses vues étaient proches de celles de Whiston, plus jeune d'un quart de siècle et qui fut pour lui un aiguillon. Il semble bien que Newton était favorable à l'idée maîtresse de Whiston : les comètes "instruments" de Dieu.


9. Buffon, Histoire naturelle. Théorie de la terre (1749). Cette diatribe envers Whiston figure au chapitre Preuves de la Théorie de la terre, article II : Du système de M. Whiston.


10. L'homme est-il le produit de l'évolution ou de la création ? (Watchtower Bible and Tract Society of New York, 1969). Titre original : Did man get here by evolution or by creation (1967). Les citations retenues figurent aux pages 115 et 172. Ce livre s'appuie sur 248 références soigneusement choisies et provenant principalement de la presse scientifique américaine.


11. En fait, ces livres procréationnistes retiennent uniquement les informations qui les arrangent, ignorant toutes les autres. C'est assez logique dans la mesure où ce sont des livres de propagande.


12. D. Lecourt, L'Amérique entre la Bible et Darwin (PUF, 1992). Ce livre paru dans la collection Science, Histoire et Société raconte fort bien le renouveau des idées créationnistes en Amérique, lié selon Dominique Lecourt " à une contre-offensive du fondamentalisme protestant jugée nécessaire pour prendre le dessus sur les idéaux progressistes et libertaires des années 1960 ". Une lecture passionnante et un peu inquiétante quand même, qui montre clairement que l'évolution des idées est loin d'être linéaire et admise par tous.


13. P.E. Johnson, Le darwinisme en question. Science ou métaphysique ? (Pierre d'Angle, 1996). Titre original : Darwin on trial (1991). Ce livre, écrit par un juriste américain spécialisé dans les controverses sur l'enseignement du darwinisme en Amérique, s'efforce de démontrer que le darwinisme est une "religion" et qu'il ne repose en fait sur aucune base scientifique sérieuse. L'évolution darwinienne est la bête noire des créationnistes américains (il leur est insupportable que l'homme puisse descendre du singe !), d'autant plus qu'ils ont décelé des faiblesses dans la théorie plus que centenaire de Darwin.


14. Dossier " Comment Dieu a créé le monde ", Valeurs Actuelles, n° 3030, décembre 1994.


15. M. Cassé, Du vide et de la création (Odile Jacob, 1993).


16. N. Aviézer, Au commencement. Création : la Bible et la science (MJR, 1994). Edition originale en langue anglaise parue en 1990. Une mine d'or pour les scientifiques de la Création.

Sources : AstroSurf

Posté par Adriana Evangelizt

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